Ce site a pour objet le recueil de signature de toute personne qui s'oppose à la fermeture programmée dans les Hauts-de-Seine, des structures d'hébergement et de soins, en faveur des adolescents difficiles, élaborés par des professionnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, de la Santé Mentale et de l'Aide Sociale à l'Enfance.
Vous pouvez également nous adresser une lettre de soutien.
Notre équipe transdisciplinaire, réunissant des personnels de l'éducation et de la santé mentale, a décidé de former un comité de lutte contre la destruction du travail élaboré par les trois structures qui composent le Foyer d'Action Educative de Suresnes :
- le Service d'Hébergement Individualisé (SHI)
- le Placement Familial "Odyssée"
- l'Etablissement de Placement Educatif et de Traitement de la Crise (EPETC)
Nous protestons contre la fermeture annoncée de ces dispositifs d'hébergement originaux fondés sur le partenariat interinstitutionnel. Il s'agit de ne pas priver les adolescents les plus démunis des réponses coordonnées dont ils ont besoin. Il s'agit de préserver un partenariat qu'il aura fallu 30 ans pour construire, 30 ans de patience et de persévérance de nombreux professionnels de la Santé, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et de l'Aide Sociale à l'Enfance.
Pour soutenir l'intelligence partenariale, défendre la pertinence du travail transdisciplinaire, lutter contre une politique de prise en charge coupée de sa diversité nous vous invitons à signer la pétition.
Un partenariat condamné ?
Trois structures partenariales : l'Unité d'Hébergement Diversifié dénommée S.H.I (Service d'Hébergement Individualisé), l'Accueil Familial "Odyssée", et l'Etablissement de Placement Educatif et de Traitement de la Crise (EPETC) ont été créées par convention entre la Protection Judicaire de la Jeunesse, l'Aide Sociale à l'Enfance et le Centre Hospitalier Théophile Roussel (3ème Secteur de pédopsychiatrie des Hauts de Seine).
Ces trois structures ont été regroupées sous le terme de Foyer d'Action Educative en 2006 avec un directeur PJJ à sa tête.
Ces dispositifs, rares, ont servi de modèles dans plusieurs autres départements. C'est la P.J.J. qui en a été le principal promoteur et financeur. Ils ont fait l'objet de plusieurs communications : conférence régionale de santé en 1998, Séminaire Santé-Justice en 2000, nombreuses interventions de formation et écrits, articles de presse, une Thèse de Doctorat d'Etat en 2003 comportant une étude longitudinale démontrant l'efficacité de la méthode.
Le Service d'Hébergement Individualisé
La première convention entre PJJ et Centre Hospitalier date de 1992.
Le SHI accueille 17 adolescents difficiles en souffrance psychique et en rupture avec leur famille, confiés par le juge des enfants. Cet hébergement collectif délocalisé a permis que des jeunes intolérants aux collectifs des foyers et opposant à toute approche éducative et psychiatrique créent un lien fort avec les adultes responsables et évoluent favorablement. Signalons que ce dispositif s'honore de n'avoir exclu aucun jeune alors qu'on lui adresse les cas les plus complexes du département voire d'Ile de France.
Cette expérience positive a conduit à élaborer une structure d'accueil pour les plus jeunes :
le Placement familial Odyssée, sachant que les placements familiaux sont en général très réticents à l'admission d'adolescents qui présentent une tendance aux passages à l'acte. L'équipe de coordination est composée de trois personnels éducatifs, une infirmière financée par le Conseil Général et une psychologue issue du secteur de pédopsychiatrie. Par ailleurs l'accueil se fait sans délais en fonction des places disponibles parmi les vingt-cinq familles dont cinq sont financées par le Conseil Général.
L'Etablissement de Placement Educatif et de Traitement de la Crise (EPETC)
Cet établissement est un recours en tiers pour les équipes de foyers (ou les familles d'accueil) en difficulté avec un jeune pour lequel une menace d'exclusion se précise. Depuis sa création en 2006, de nombreux jeunes de toute l'Ile de France y ont séjourné.
Quel est l'objectif de l'EPETC ? Bien souvent, les équipes de foyers, aux prises avec des adolescents aux comportements agressifs divers, sont conduites à des mesures d'ordre répressif : rappel de la loi, mises à pied, mises « au vert », exclusion voire demande de mainlevée. Au bout du chemin, il y a une demande d'hospitalisation, rarement justifiée par la structure psychique du jeune et comprise par lui comme un rejet clair et définitif dans le monde de la folie. Il y a dialogue de sourds entre les équipes éducatives débordées et quelquefois en perdition et une institution psychiatrique qui oppose une fin de non-recevoir étayée sur le diagnostic du clinicien expert. Le jeune devient un « satellite » tournant autour de diverses institutions qui le repoussent.
L'EPETC est un établissement éducatif avec renfort médical et non une structure de soin, même si une activité clinique s'y tient avec toute la rigueur nécessaire. Il est constitué par une équipe éducative et une équipe de cliniciens (deux infirmiers, un psychologue et un psychiatre à mi-temps).
L'objectif est de permettre qu'à l'issue du placement, le jeune qui était en difficulté dans son foyer d'origine, puisse y retrouver sa place et poursuivre une prise en charge, redéfinie à l'occasion de la prise de distance permise par le placement. La continuité éducative, si souvent mise à l'épreuve pour les adolescents les plus difficiles, est ainsi préservée.
Le regard clinique permis par ces dispositifs partenariaux fait progresser la prévention et l'accès aux soins de santé mentale. Une proportion non négligeable d'adolescents déjà inscrits dans une morbidité avérée a pu être dépistée et traitée en leur ouvrant des parcours de soins inaccessibles auparavant.
Cet ensemble coordonné de trois unités partenariales sous l'autorité du Directeur Départemental de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, sont au centre du réseau éducatif, social et médical qui s'est constitué autour des adolescents difficiles, devenant à la fois un lieu d'éducation et de soins pour les cas complexes et un outil de formation et transformation des pratiques professionnelles. La fondation récente de l'Association Maison des Adolescents des Hauts-de-Seine s'inscrit dans le droit fil de ces expériences inaugurales innovantes.
Malheureusement en période de restriction budgétaires et de restructuration, nos administrations considèrent ces dispositifs comme marginaux par rapport à leur coeur de cible, bien que leur coût soit modeste en regard du nombre de jeunes suivis et surtout des services rendus.
Le Conseil Général a d'abord annoncé son intention de se désengager de l'EPETC au 1er janvier 2009. Le directeur du Centre Hospitalier a réintégré dès le 1er février, ses personnels au sein de l'hôpital à l'exclusion du psychiatre. Quant à la PJJ, elle annonce le regroupement et la diminution de ses places d'Hébergement Diversifié sur deux sites de l'Ile de France du fait du recentrage de la PJJ sur ses missions au pénal. Donc la fermeture du SHI et d'Odyssée. De ce fait le partenariat avec la psychiatrie disparaît, dans un paradoxe complet au moment où déclarations ministérielles, commissions et rapports insistent sur la nécessité de cette collaboration.
Nous avons pourtant des propositions concrètes pour maintenir le savoir-faire accumulé et la richesse humaine de l'expérience partenariale: un projet plus modeste tenant compte des impératifs budgétaires avancés mais préservant l'essentiel c'est-à-dire une ressource précieuse pour des jeunes sortant des cadres institutionnels classiques.
La Direction Régionale de la PJJ semble y être favorable à condition que le partenariat financier que nous retire le Conseil Général soit compensé par d'autres partenaires régionaux, à savoir un poste de psychologue et deux postes d'infirmiers. Cela semble peu mais le temps est court en période de crise d'ici à septembre.
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